Actualité à la Hune

Vendée Globe

Etat des lieux à l'entrée des 40es… mollissants

Alex Thomson est en passe de fêter ses 11 jours de domination et franchissait hier la barre symbolique des 40 degrés de latitude sud. Hugo Boss, Banque Populaire et Groupe Edmond de Rothschild sont en train de faire le casse de l’année en tête de course. Pendant ce temps, Vincent Riou, se dirige vers Le Cap (Afrique du Sud) pour y ramener son bateau blessé. Sébastien Josse a lui aussi percuté un OFNI la nuit dernière. Quel est le bilan technique à moins de 48 heures du passage du cap de Bonne Espérance ?
  • Publié le : 23/11/2016 - 07:00

RiouGrand animateur et favori de ce 8e Vendée Globe, Vincent Riou doit jeter l’éponge. Axe de quille endommagé suite à un choc avec un objet flottant dimanche dernier. En quatre participations, c’est le deuxième fois que le skipper de PRB est contraint à l’abandon (en 2008, il avait été reclassé à la 3e place après avoir démâté peu après le sauvetage de Jean Le Cam). Photo @ Jean-Marie Liot/DPPI/Vendée Globe

Après Bertrand de Broc (MACSF) et Tanguy de Lamotte (Initiatives Cœur), Vincent Riou est donc le troisième sur la liste funeste de ceux qui n’iront pas virer les trois caps. La course perd un de ses grands animateurs, un de ses plus sérieux prétendants. PRB était aux avant-postes depuis le départ des Sables-d’Olonne et impressionnait par ses capacités de résistance face à ses cousins foilers. Le hasard  - choc avec un objet flottant d’où axe de quille endommagé-, la faute-à-pas-de-chance, le poussent à se retirer. Abandonner le Vendée Globe, ce n’est pas seulement renoncer à un tour du monde en solitaire. C’est effacer d’un coup dans la quille des années d’un boulot de dingue. Vincent Riou a voué 15 ans de sa vie à cette course. Y reviendra t-il un jour ? Pour l’heure, il convoie son bateau dans la ville du Cap en Afrique du Sud.
Au chapitre des abandons, le bilan de ce début de 8e Vendée Globe est pourtant loin d’être catastrophique. En 2012, à ce stade de la course, 35% du contingent était déjà hors jeu. Cet automne, une météo docile a épargné la flotte d’une série des démâtages. Restent les pannes électriques ou mécaniques, les objets flottants et l’usure des bateaux après une semaine à aligner des journées à plus de 450 milles sur un même bord.

A bord Hugo BossAlex Thomson, l’homme des extrêmes. En tête depuis 11 jours malgré un foil tribord cassé, il est le plus méridional de toute la flotte. Par 41 degrés de latitude sud, il flirte ce matin avec la zone d’exclusion des glaces, la barrière virtuelle interdite aux concurrents.Photo @ Alex Thomson /Hugo Boss/Vendée Globe

Le groupe des échappés ne fait pas exception. Hugo Boss, aux commandes depuis bientôt 11 jours, navigue désormais - lorsqu’il est bâbord amure, ce qui est le cas actuellement - en mode archimédien, avec un moignon en guise de foil tribord. Il a passé hier la latitude des quarantièmes et glisse à la lisière du mur des glaces. Jérémie Beyou (Maître CoQ), 6e, a eu maille à partir avec ses deux pilotes automatiques. Morgan Lagravière (Safran) 4e, a dû grimper quatre fois en tête de mât pour repasser une drisse cassée. Paul Meilhat (SMA), 5e, a sorti sa boite à outils et ses aiguilles pour un atelier épissures et réparations.
Et la nuit dernière c’était au tour de Sébastien Josse de perdre quatre heures dans la réparation de son système de relevage de safran.
Edmond de Rothschild, lancé à pleine vitesse a lui aussi percuté un OFNI. La pale tribord était touchée et le système de fixation de celle-ci en position basse était endommagé ce qui nécessita une longue intervention, bateau arrêté.
Du coup, Armel Le Cléac’h, (Banque Populaire) lui a repris la deuxième place. Ce dernier, bien que silencieux sur la question a sans doute eu, lui aussi, son lot de misère. Mais ''Le Chacal'' n'est pas connu pour s'épancher.

Paul MeilhatTous les marins ont eu leur lot de problèmes techniques et de petites misères quotidiennes. Paul Meilhat, dans des vents légers après le passage du front, en plein atelier épissure sur le pont de SMA.Photo @ Paul Meilhat /SMA/Vendée Globe

Enorme break dans les quarantièmes… mollissants avant des records retentissants

Côté course, trois  hommes effrontés sont en train de faire un énorme break. En se maintenant à l’avant du front brésilien qui a servi de toboggan géant pour dévaler l’Atlantique Sud, Alex Thomson, et Armel Le Cléach ont mis entre 170 et 400 milles dans la vue de leurs poursuivants directs ces dernières 24 heures. Mais en tout logique, ils devraient se faire déborder à leur tour et se retrouver dans un vent mollissant avant de franchir la pointe de l’Afrique du Sud. Le cap des tempêtes risque de très mal porter son nom cette année…
On n’est encore jamais allé aussi vite sur un début de Vendée Globe. Et comme les feuilles d’automne, les records tombent à la pelle. Record de distance sur 24 heures battu le 19 novembre, record de l’Atlantique nord pulvérisé par 9 concurrents. Bientôt, le chrono Les Sables-d’Olonne - Bonne Espérance va voler en éclat. Les hommes de tête devraient franchir le cap des Aiguilles (marque séparant les océans Atlantique et Indien situé à l’est du célèbre Bonne-Espérance) dans la nuit du 24 au 25 novembre, après 19 jours et quelques heures de course. 72 heures de mieux qu’Armel Le Cléac’h en 2012…

Armel Le Cléac"hArmel Le Cléac’h, 2e, bien parti pour battre son propre temps de référence entre les Sables-d’Olonne et le cap de Bonne Espérance établi en 2012 en 22 jours 23 heures et 46 minutes.Photo @ Armel Le Cléac’h/Banque Populaire/Vendée Globe

Classement mercredi 23 novembre à 5 heures

1.       Alex Thomson (Hugo Boss), à 18 143 milles du but
2.       Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), à 102,2 milles du premier
3.       Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), à 169,4 milles 
4.       Morgan Lagravière (Safran), à 349,9 milles
5.       Paul Meilhat (SMA), à 553,7 milles

Classements et positions live ici : cartographie du Vendée Globe.